I) Définition :

Les forces extra buccales sont représentées par des dispositifs prenant leur point d’appui hors de la cavité buccale.

Ces dispositifs sont constitués par : – les bagues scellées sur molaires.

- un arc facial.

- un ancrage ext péricrânien.

- un élément dynamique (force matrice FM).

-

1) Les bagues :

Elles sont munies de tubes soudés sur la face vestibulaire.

C’est le tube rond gingival qui est destiné à recevoir l’arc facial.

2) L’arc facial :

Il se compose d’un arc intra buccal et d’un arc extra buccal solidarisé dans leur partie médiane par une robuste soudure.

L’arc intra buccal est fait d’un fil de 10/10 mm placé à 3mm en avant des incisives.

L’arc extra buccal est fait d’un fil de 16/10 mm, les branches de cet arc se terminent par un crochet.

Les arcs peuvent être :

- Courts : quand les crochets externes se trouvent placés en avant des molaires d’ancrage.

- Moyens : quand leurs crochets se trouvent au niveau des molaires.

- Longs : quand leurs crochets sont en arrière des molaires.

Les branches de l’arc externe peuvent être relevées ou abaissées.

3) L’ancrage externe péri crânien :

Il est constitué d’un casque, d’une bande de tissu disposée de façon variable.

On distingue :

a) L’appui cervical :

Il est fait d’une bande de tissu comportant un crochet à une extrémité, c’est un appui à

« Traction basse » (situé aux 2ème, 3ème ,4ème vertèbre cervicale).

b) L’appui occipital : hight pull

Il est composé de deux bandes transversales et d’une bande sagittale.

Il peut fournir différents types de traction selon la disposition des bandes ou l’emplacement des crochets destinés aux élastiques.

La traction est en générale oblique vers le haut et vers l’arrière.

c) L’appui pariétal : vertical pull

C’est une variante du dispositif précèdent, les bandes qui le constituent sont placées aussi antérieurement que possible sur le sommet du crâne = traction haute.

4) L’élément dynamique :

Il s’agit le plus souvent d’anneaux de caoutchouc tendus depuis le crochet placé sur L’ancrage jusqu’à celui de l’arc ext.

L’ancrage péricrânien peut être fait lui-même d’élastique et se termine par des anneaux métalliques que l’on accroche à l’arc ext.

II)-Principes généraux :

Les forces extra buccales nécessitent :

1-Une excellente coopération du patient.

2-Doivent être instituées au moment de la croissance pour bénéficier au maximum de ces potentialités lorsque l’on désire notamment des répercussions orthopédiques.

3-Peuvent être appliquées seules ou en adjonction avec d’autres dispositifs intra ou extra buccaux (la thérapeutique fixe).

4-Elles permettent des modifications squelettiques (ex : changement de la direction de croissance ainsi des tractions verticales avec ancrage pariétal permet d’écraser la DV par ingression molaire. Il y’aura rotation de la mandibule vers le haut et vers l’avant.

5-Elles renforcent L’encrage selon les besoins mécaniques du traitement (lorsqu’il existe un risque de perte d’ancrage des dents d’appuis).

III) Biomécanique du mouvement molaire sous l’effet des forces extra orales:

Les molaires supérieures qui supportent le forces extra orales peuvent être assimilées à un solide dont le déplacement est conditionné par : – l’intensité de la force (orthodontique, orthopédique).

- le point d’application (l’ancrage péricrânien).

- la direction de la force exercée (ant-post, post-ant…).

Cliniquement, les forces extra buccales appliquées sur les molaires peuvent produire des mouvements dans les 3 sens de l’espace.

a) Dans le sens transversal :

Il est possible de corriger un articulé inversé, en effet pour obtenir une force plus importante d’un côté que de l’autre, il faut que la branche externe de ce côté soit plus longue que celle de l’autre côté (sch3).

Ce dispositif dégage inévitablement une force parasite qui tend à lingualer la molaire la plus reculée et à vestibuler l’autre (sch6).

KUHN a signalé que des tractions pariétales hautes appliquées sur les faces vestibulaires des molaires, tendaient à entraîner leur version vestibulaire (vestibulo version coronaire molaire).

De même qu’il est possible de faire des contractions et des expansions, dans le cas d’endognathie et d’endoalvéolie.

b) Dans le sens vertical :

On peut obtenir un mouvement d’ingression (mvt non physiologique, contre la nature) plus difficilement qu’un mvt d’égression.

c) Dans le sens sagittal :

Les mouvements de la molaire varient suivant le centre de rotation de la dent, c.à.d en fonction du rapport moment / force.

L’étude de la cinématique (étude des mouvements d’un corps), s’intéresse au mouvement :

-soit du centre de gravité G

-soit du centre de résistance CR

aSi un corps se déplacent dans un milieu homogène (avion dans l’air ambiant) d’autres comme la molaire, se déplacent dans un milieu hétérogène constitué par les tissus de soutien (desmodonte et tissu alvéolaire) et par l’air ambiant à la hauteur de la couronne clinique.

asi nous déplaçons la molaire dans un milieu homogène (l’air ambiant), une force F appliquée en G provoque un mouvement de translation (gression).

amais si nous déplaçons la molaire dans un milieu naturel et que nous voulons obtenir une translation ou gression, la force F ne doit plus passer par le centre de gravité mais par un autre point appelé centre de résistance situé au centre de la furcation radiculaire.

En résumé :

Lorsque la force appliquée passe par le centre de résistance de la molaire, le mouvement obtenu est une gression.

Chaque fois que la force s’éloigne du centre de résistance, le mouvement obtenu est un mouvement de gression accompagné d’une rotation (ou version) à distance de la résistance.

Cette force de rotation est exprimée par un moment = F x d (c.à.d proportionnel à la force F et à la perpendiculaire abaissée de Cr et la force F.

d: distance au centre de résistance.

Il peut arrivé une situation où la direction de la force est trop éloignée par rapport au centre de résistance au point que la rotation l’emporte sur la gression.

IV) Action des forces extra buccales :

Du point de vue pratique, les F.E.B sont connues pour leur action au niveau :

- des dents.

- Des maxillaires supérieurs.

- De la mandibule.

a) au niveau des dents :

On les utilise :

- Pour distaler les molaires, dans les cas d’encombrement dentaire antérieur due à des mésio-positions molaires (on doit faire une disto version coronaire).

- Pour la version distalée des molaires supérieures dans les cas de mésio-version molaire due à l’extraction précoce de la 5 temporaires.

- Pour ingrésser ou égresser les molaires, ce qui permet un redressement de la courbe de SPEE.

(Fermeture ou ouverture du compas facial a réduction des suppra ou des béances).

Ces mouvements peuvent se combiner et s’additionner de rotation.

b) au niveau du maxillaire supérieur : les F.E.B permettent

Le recul du point A de DOWNS, ce qui diminue favorablement l’angle ANB et diminue donc la convexité du profil (dans les cas de Prognathie).

La croissance du maxillaire supérieur peut être ainsi modifiée par changement de direction (action sur les tubérosités).

Le plan palatin (ENA – ENP) s’incline vers le bas et vers l’avant (les tractions basses) ou le contraire, ce qui peut influer sur la DV [ ↑ du campas facial : vers le bas et vers l’arrière, rotation postérieure].

c) au niveau de la mandibule :

Il est possible d’obtenir une rotation mandibulaire autour de l’axe condylien. Cette rotation pouvant être augmentée par l’application conjointe d’une fronde mentonnière mais est due principalement à la distalisation mandibulaire ou l’égression qui ouvre le compas facial.

V) F.E.B appliquées sur un appareil mobile :

CHATEAU adapte l’arc facial à la plaque palatine par l’intermédiaire de tubes qui sont :

- soit soudés aux crochets vestibulaires (Adams).

- soit inclus dans la partie vestibulaire d’une gouttière recouvrant les molaires.

F.E.B sur gouttière :

L’appareil se compose – d’une gouttière dans laquelle est inclus un arc facial.

- d’un appui occipital relié à l’arc facial par des anneaux de caoutchouc.

La gouttière est constituée en résine, elle recouvre toutes les faces de toutes les dents de l’arcade supérieure, plus 2 mm de gencive autour des dents. Le palais n’est pas recouvert.

Elle doit être parfaitement ajustée aux dents, elle ne doit comporter aucun crochet ou autre dispositif de rétention.

La surface occlusale est plane et adaptée à la surface occlusale inférieure.

1) Indications : des F.E.B sur gouttière

Ce dispositif est utilisé :

-reculer la partie basse du maxillaire supérieur (en cas de prognathie).

-chez un enfant en denture temporaire ou en denture mixte, il faut placer ce dispositif :

gavant que les incisives temporaires ne tombent.

gaprès évolution des incisives et calcification de leurs apex.

gavant que les canines et molaires temporaires ne donnent le moindre signe de mobilité.

-quand les 1ères molaires supérieures ont été enlevées.

-en cas de malocclusion de Classe II division (1), quand les molaires supérieures sont profondément cariées.

-dans les malocclusions de Classe II division (1), particulièrement graves même si les molaires sont saines.

2) Contre indications : des F.E.B sur gouttière

Dans les types « face courte » mieux vaut en appui extra oral cervical qu’en appui occipital, puisqu’il accepte que la DV ↓.

VI) Indications des Forces extra buccales : du type d’ancrage péri crânien

a) Traction basse : indiquée dans les cas de Classe II, dans ces cas, il faut intervenir très rapidement tôt (dès l’âge de 5 – 6 ans). C est au dessous de A-H. Voir schéma

b) Traction horizontal : action distalante : recul des molaires sans égression ni ingression.

c) Traction haute: recul avec ingression des molaires.

VII) Intensité et durée des forces extra buccales :

Ce sont les élastiques qui constituent l’élément moteur, la force à employer ne fait pas l’unanimité des auteurs.

DAMON : a montré qu’une force de 1500g de chaque côté produit non seulement un déplacement des dents, mais même un recul du maxillaire supérieur.

Tous les auteurs sont unanimes pour distinguer :

-les forces de 180 à 350g qui suffisent au maintient des molaires pendant les tractions en thérapeutique fixe lorsque celles-ci sont sollicitées comme ancrage.

-les forces lourdes de 600 à 1500g pouvant produire des changements orthopédiques et orthodontiques, en période de croissance bien sûr.

Il faut toujours commencer par des forces légères et les augmenter lors de la 2ème ou 3ème visite.

Ces forces doivent être appliquées de 12h à 14h / jour au minimum (surtout port nocturne).

Cette limite minimum doit être augmentée avec la gravité du problème.

VIII) Contre indications des forces extra buccales : :

-cas de DDM (dysharmonie dento-maxillaire) vraies avec obliquité des germes des 7 supérieures (pas de place).

-cas de béance antérieure, car après action des forces extra buccales, on observe une ouverture du plan mandibulaire, ce qui les aggrave.

-cas de rotation postérieure de la mandibule (vers le bas et vers l’arrière), FMA très ↑.

-s’il existe un manque de collaboration du patient et de sa famille (il faut un port de 14h/24h).

Les Tractions Intra – Musculaires:

1) Définition:

C’est la traction exercée par des élastiques tendus d’une arcade à l’autre. Ils peuvent être obliques ou verticaux antérieurs ou latéraux. Les élastiques peuvent être croisés.

Croisés: -st tendus depuis la FL d’une dent inf jusqu’à la FV d’une dent sup et inversement.

-st utilisés pour corriger les anomalies d’occlusion dans le sens VL des molaires et PM.

2) Utilisation:

Les forces st utilisées avec un appareil fixe multi bague. Le port des élastiques est soit continu soit discontinu d’après la gravité de la dysmorphose.

La mastication et la phonation n’étant pas gênées par les élastiques, les caoutchoucs st placés sur les côtés vestibulaires et varient suivant la force désirée.

Les tractions inter maxillaires st utilisées également pour combler les diastèmes après extraction thérapeutique.

Les élastiques perdent rapidement leurs forces d’action, à changer 3 fois par semaine.

3) Conclusion:

Les F.E.B et les T.I.M provoquent en même tps dans les moments thérapeutiques des mouvements dentaires indésirables et qu’en ne peut éviter.

Donc le choix thérapeutique se fixe d’après la ……..et les mouvements recherchés.